Ancien militaire de carrière, André De Carufel de Gatineau a vu son passe-temps le mener à la direction d’une entreprise manufacturière dont l’avenir s’annonce plus que prometteur. Confections Carcajou, une entreprise installée dans le secteur d’Aylmer, connait en effet un essor sans pareil depuis moins d’un an, soit depuis que M. De Carufel a accepté l’offre d’ID Gatineau pour le guider dans son processus d’expansion.

LA COUTURE, UN PASSE-TEMPS

Rien ne prédestinait ce militaire de l’armée de terre du 22e régiment à Valcartier, près de Québec, à devenir un jour chef d’entreprise. « Dès le départ, c’était clair que je ne voulais pas faire plus de 20 ans comme militaire, raconte-t-il. En 2002, il me restait encore 7 ans à faire. J’ai commencé dans l’infanterie puis au régiment aéroporté avec les commandos. J’ai fini ma carrière comme technicien des matériaux. C’est dans ce poste que j’ai suivi, en 2002, un petit cours de couture d’un mois et je me suis dit que ce serait un beau plan de retraite pour passer le temps. »

Dans son garage, à Québec, il réalise des commandes, surtout pour ses amis militaires, en fabriquant entre autres des toiles pour des bateaux, des auvents et des sacs. Quatre ans plus tard, en 2006, son passe-temps devient de plus en plus important. Il décide alors d’enregistrer son entreprise. Ceci coïncide avec l’obtention d’un premier contrat d’importance avec Canex, le magasin général réservé aux militaires sur toutes les bases de l’armée.

« C’est un genre de Walmart pour les militaires où l’on peut acheter autant un ordinateur que faire son épicerie, précise M. De Carufel. On m’a approché pour fabriquer une ceinture avec du camouflage. Un produit que j’avais développé et qui se vendait bien. J’ai alors réalisé que mon entreprise pouvait avoir beaucoup de potentiel. » De 2006 à 2012, toujours à Québec, il développe des produits autant pour l’armée que pour la police. « Des petits contrats, rien de trop gros », dira-t-il bien humblement.

DES MOMENTS DIFFICILES

Retraité de l’armée depuis 2008, André De Carufel décide de revenir dans son patelin, Gatineau, et d’y déménager graduellement son entreprise, ce qui fut complété en 2014. Les deux années qui suivirent furent les plus difficiles de l’entreprise. Avec peu de contrats en poche, conjugué avec un divorce, il a même pensé à fermer boutique.

« J’étais fatigué et j’étais seul pour tout inventer et produire. J’avais tout sur mes épaules. Puis, en 2016, l’un de mes fournisseurs est à Vegas, à un show militaire, et il apprend qu’un client, la Défense nationale, cherchait un fabricant pour créer des bretelles pour les nouvelles armes des Forces canadiennes. C’était un projet de recherche et de développement pour un an, sans promesse que je pourrais les produire. Ça m’a aidé à sortir la tête de l’eau et, à la fin, j’ai eu l’opportunité de les produire. Un contrat pour les 85 000 armes de l’armée en plus des armes de réserve. »

L’ÉCOSYSTÈME D’ID GATINEAU

Ce contrat fait rouler l’entreprise depuis trois ans. Puis, en décembre dernier, un commissaire en développement d’entreprises chez ID Gatineau vient frapper à la porte de Confections Carcajou. « Notre initiative Linkki, qui consiste à cartographier les spécialisations des entreprises manufacturières qui œuvrent sur notre territoire, nous a permis d’identifier cette entreprise », explique Brigitte Allard, commissaire en développement d’entreprises responsable du dossier. « L’un des mandats d’ID Gatineau est de venir en aide aux entreprises créatrices de richesses comme Confections carcajou, et ce gratuitement, afin de simplifier leurs opérations et ainsi accélérer leur croissance », ajoute madame Allard.

André De Carufel, propriétaire de Confections Carcajou et Brigitte Allard, commissaire en développement d’entreprises chez ID Gatineau.

Cependant, M. De Carufel était craintif lui qui avait par le passé frappé aux portes de différents organismes et ministères pour obtenir de l’aide, sans résultat, et qui a maintes fois été approché par d’autres entreprises pour des projets d’investissements.

« Il fallait toujours que j’y laisse ma chemise. On m’a fait tellement de promesses que je ne croyais plus que je puisse obtenir de l’aide de quiconque. Lors de la première rencontre avec ID Gatineau, j’ai cru que l’histoire se répétait. Puis, après une deuxième rencontre, j’ai commencé à croire qu’ID Gatineau pouvait m’épauler afin d’amener mon entreprise encore plus loin. »

POLIR LE DIAMANT

L’accompagnement d’ID Gatineau a débuté en janvier dernier. D’abord, Emploi Québec a été approché autant pour de la formation sur mesure que pour le recrutement des employés. Le Service intégration travail Outaouais (SITO) a aussi été mis à contribution pour ce recrutement. Développement économique Canada est entré dans le dossier pour du financement afin de moderniser les équipements et aider au développement international. Export Outaouais et le ministère de l’Économie et de l’Innovation sont aussi en renfort pour attaquer les marchés étrangers dans le secteur militaire.

S’ajoutent d’autres services comme la préparation de la relève (Centre de transfert d’entreprise du Québec), le développement des outils de vente, la participation à des salons militaires ailleurs dans le monde, la compréhension budgétaire, la recherche d’un consultant pour les enjeux en ressources humaines et l’analyse de la marge bénéficiaire.

« ID Gatineau est là en soutien pour outiller l’entreprise dans ses opérations et pour l’aider à atteindre de nouveaux objectifs. M. De Carufel voulait comprendre les chiffres, ses enfants aussi. Il voulait relocaliser son entreprise, on l’a aiguillé. Il n’a plus à se casser la tête tout seul. Et on s’est adapté à lui. C’est facile d’aider un gestionnaire comme André qui connait bien ses forces et ses faiblesses », note madame Allard.

AVENIR PROMETTEUR ET PLANIFIÉ

Avec le recul, M. De Carufel admet qu’il ne faut pas craindre de demander de l’aide. « Pour moi, les interventions d’ID Gatineau, c’est merveilleux. Leur soutien me permet de sauver du temps et de mettre en place une structure organisationnelle qui va assurer la pérennité de mon entreprise. Je ne pensais vraiment pas que l’on avait accès à du soutien de cette envergure. Ils savent à qui s’adresser pour obtenir les services. J’ai été très bien servi; ce n’est que du positif. L’entreprise n’a jamais été aussi bien que depuis les six derniers mois. »

Maintenant que l’entreprise est mieux outillée, elle est plus efficace et les coûts de production sont à la baisse. Le tout jumelé à des locaux dont la superficie a doublé cette année, passant de 2 500 à 5 000 pieds carrés. Dans trois ans, un autre plan d’expansion est déjà sur la planche à dessin. Le chiffre d’affaires devrait quant à lui doubler au cours des deux prochaines années, peut-être avant selon les contrats que l’entreprise pourrait obtenir. Le plan d’affaires sur 10 ans laisse entrevoir un chiffre d’affaires quatre fois plus important que maintenant et un transfert de la gestion de l’entreprise aux enfants de M. De Carufel.

« J’ai fait le métier de fantassin, rajoute M. De Carufel. Mets-moi sur un terrain de combat et je vais opérer. Mais, gérer une business, c’est différent. J’ai pu l’amener à un certain niveau, mais j’ai plafonné. Je savais que j’étais limité sur certains aspects de l’entreprise pour la faire progresser. J’apprends à être un homme d’affaires. C’est pour ça que je veux que mes enfants soient outillés, qu’ils sachent ce qui se passe et où aller cogner. »

ID Gatineau continuera d’épauler Confections Carcajou dans les étapes futures. « Notre accompagnement est adapté aux besoins de l’entreprise, note Brigitte Allard. Dans les prochaines étapes, nous souhaitons nous assurer que les marges bénéficiaires sont aux normes du marché, planifier la relève, leur permettre de participer à des salons à l’extérieur et de toujours être à l’affût de nouveaux programmes susceptibles de propulser l’entreprise à un autre niveau. »

Confections Carcajou, qui vit une croissance importante, est en recrutement d’employés : avis aux intéressés, des postes sont à combler!

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