Le chocolat, c’est ‘sexy’ pour se lancer en affaires, dira le fondateur de Rochef, Roch Fournier. En entrevue, il se targue d’avoir démocratisé le chocolat.

Même si rien ne le destinait à se lancer en affaires, Roch Fournier avoue avoir toujours eu le sens de l’entrepreneuriat. C’est inné! Tout jeune, après un an au Cégep en comptabilité, il décide de tester le marché du travail au service à la clientèle du Casino du Lac-Leamy. Il avait 18 ans. Puis, sa passion pour les émissions culinaires l’amène à préparer des plats sucrés.

« Je n’avais aucune formation, dit-il. C’était un hobby. J’ai eu la chance de côtoyer un chocolatier au casino qui m’a donné des conseils. Puis, j’ai suivi des cours. Un jour, satisfait de ce que je cuisinais, j’amène des truffes et, en deux temps trois mouvements, les gens au casino m’ont passé des commandes. C’était un beau premier défi. À 24 ans, en 2005, je plafonnais au casino et ma passion pour le chocolat m’a motivé à me lancer en affaires. Je me disais : j’aime les gens et j’aime leur plaire. Avec le chocolat, je leur apporte beaucoup de bonheur et j’atteins mon but. »

Il débute avec un kiosque aux Galeries de Hull en plus de participer à quelques événements régionaux. Il réalise de belles ventes et il adore ça. Mais, ce n’est pas très rentable et il n’a pratiquement pas de salaire. « C’est avec un peu de naïveté que je me suis lancé en affaires, admet M. Fournier. Je savais que ça pouvait fonctionner, mais je n’avais pas la bonne recette. Tout en continuant avec mon entreprise, je suis retourné au casino en 2007, question d’avoir un salaire. Et, je me suis mis à la recherche d’un partenaire financier. Il fallait revoir la formule de l’entreprise. »

UN MENTOR DEVENU PRÉSIDENT

C’est ainsi qu’en 2009, Roch Fournier s’adresse à l’homme d’affaires Alain Fredette, celui qui avait agit comme mentor pour le lancement de son entreprise en 2005. Il souhaite obtenir à nouveau ses précieux conseils afin de dénicher ce partenaire financier. M. Fredette, ancien président de la Chambre de commerce de Gatineau, vient tout juste de vendre son entreprise Fredal à son fils Étienne et voit là une nouvelle opportunité de continuer à briller dans le monde des affaires. Il devient ce précieux partenaire financier! « J’avais le goût de m’investir dans ce projet », lance-t-il.

Boutique située au 81, rue Jean-Proulx à Gatineau

Ainsi, l’incorporation de Rochef se concrétise en 2009 et les deux hommes d’affaires sont propriétaires à 50% chacun de l’entreprise. M. Fredette agit comme président de l’entreprise et participe aux plans d’action et stratégiques, tandis que M. Fournier est chargé du développement des affaires.

Le nouveau plan d’affaires cible les épiceries et les grandes surfaces. « Avec notre produit haut de gamme, j’ai voulu démocratiser le chocolat. Sans compromis sur les ingrédients et la production, et ce à des prix abordables », précise M. Fournier pour qualifier de déterminante cette relance de 2009.

À cette époque, Rochef était présente en Outaouais et à Ottawa. Aujourd’hui, le Québec est couvert à 100%. Il y a une bonne présence en Ontario et dans les Maritimes. Et 5% de la production est vendue aux États-Unis. Et ceci, entre autres, grâce à des ententes avec IGA, Métro, Loblaws et Costco. « Dans le cas de Loblaws, c’est un nouveau partenariat, précise M. Fredette. Avec Costco, nos produits sont vendus dans 28 grandes surfaces au Québec, à Ottawa et dans les Maritimes. C’est l’une de nos belles réussites avec nos lapins. »

« Il nous reste encore des marchés territoriaux à développer, comme aux États-Unis. On y met beaucoup d’efforts, souligne Roch Fournier. Nos prix sont intéressants, nous sommes compétitifs, notre chocolat haut de gamme est de qualité et nous avons les capacités de production. Nous sommes capables de jouer dans la grande ligue. » Le Mexique est aussi dans la mire de Rochef puisqu’un contrat était sur le point d’être finalisé au moment d’écrire ces lignes.

PAS DE COMPROMIS

De 500 kilos, en 2009, Rochef produit maintenant près de 300 tonnes de chocolat par année avec une quinzaine d’employés à la production à Gatineau. Les deux propriétaires s’entendent pour dire qu’aucun compromis n’est acceptable dans la composition des ingrédients du chocolat.

« Nous avons le contrôle de nos recettes à 100%. Toute notre production est réalisée à Gatineau. Nous avons trois maîtres chocolatiers qui assurent la qualité de nos produits. C’est une chocolaterie artisanale et on le demeurera », assure Alain Fredette.

Roch Fournier, fondateur, Ginette Paul, commissaire en développement d’entreprise chez ID Gatineau et Alain Fredette, copropriétaire

Trois lignes d’emballage automatisées ont été ajoutées question d’augmenter la cadence de l’emballage. Un coup de pouce d’ID Gatineau a permis cette acquisition. Selon Ginette Paul, Commissaire en développement d’entreprises chez ID Gatineau, Rochef a également bénéficié par le passé de l’expertise du service du réseau express pour l’obtention d’un financement complémentaire. Ce service permet d’asseoir à une même table les intervenants requis, comme Investissement Québec et Développement économique Canada, afin d’obtenir un montage financier pour le lancement ou la croissance de l’entreprise.

« Le réseau express, c’est comme une gare de triage. C’est efficace puisqu’il nous est possible de déterminer à l’avance quels partenaires peuvent avoir un intérêt dans le projet qui est sur la table », note Mme Paul.

Questions & Réponses

Démarrage

Q : Pourquoi vous êtes-vous lancé en affaires?

Roch : J’ai toujours senti que j’avais le sens des affaires. Et, j’avais le produit : le chocolat.

Q : Quelle a été votre plus grande difficulté et comment l’avez-vous surmontée?

Roch : Comme c’était artisanal, nous avions des succès, mais les revenus n’étaient pas suffisants pour penser à une croissance. J’ai alors recherché un partenaire financier.

Q : Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer en affaires?

Roch : Bien s’entourer.

Croissance

Q : Qu’est-ce qui pousse une entreprise comme la vôtre à croître?

Alain : Nous avons d’excellents produits sur le marché, c’est ce qui nous permet de connaître une croissance, année après année.

Q : Quels sont vos principaux défis/enjeux et comment les surmontez-vous?

Alain : Il faut être à l’affût de tout ce qui se fait dans notre domaine. Nous voulons toujours connaître les nouvelles tendances afin de nous adapter au marché.

Q : Quelle importance accordez-vous à l’innovation?

Alain : C’est important. Dans notre cas, notre principe est de continuer à produire des produits de qualité, et ce, sans compromis.

Roch : Tout va tellement vite et nous regardons sans cesse vers l’avant.

Q : Quels sont vos projets d’avenir?

Roch : On doit s’adapter au marché. Actuellement, le snacking est in. Il nous faut avoir des produits en sacs pour des collations. Tous nos enrobés sont maintenant offerts en snacking.

Q : Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs qui souhaitent croître?

Roch : Tu ne dois pas dormir sur tes lauriers. Il faut innover avec de nouveaux produits et être avant-gardiste. C’est une question de survie.

Q : Quelle est la définition du succès selon vous ?

Alain : La passion et le focus sur le plan d’affaires. Il faut s’en tenir. Et ne pas avoir peur d’aller chercher des ressources pour nous aider.

Pourquoi Gatineau

Q : En quoi la ville de Gatineau est intéressante pour les entrepreneurs?

Alain : C’est une ville à dimension humaine et le plein air est un atout pour les gens qui y résident.

Q : Quel serait votre message pour inciter des entreprises de l’extérieur à venir s’implanter à Gatineau?

Alain: Gatineau est une petite ville avec tous les services d’une grande ville. Sa proximité d’Ottawa est non négligeable. ID Gatineau offre des services de belle valeur pour les entrepreneurs. C’est un gros plus!