Soudure Marc Marine

Réussir en affaires depuis 34 ans tout en affichant une croissance de son chiffre d’affaires, année après année, voilà qui résume une partie de l’histoire de Soudure Marc Marine. Le fondateur et propriétaire est Marc Lauzon, aujourd’hui âgé de 56 ans. Toujours passionné par son métier, on se rend rapidement compte qu’il a toujours cette étincelle qui brille dans ses yeux.

Le chemin de la réussite a été pavé d’embûches à tous les niveaux, ça, c’est une certitude, dira-t-il. Sa philosophie est simple; profiter de chaque obstacle pour se démarquer davantage. Ça lui a réussi! La contribution de la famille, le respect et la loyauté des clients, des employés et des fournisseurs, l’apprentissage sur le tas, la persistance et la croissance contrôlée, voilà les expériences que Marc Lauzon nous partage.

SOUDEUR À 18 ANS

La soudure n’a plus de secret pour Marc Lauzon. À 18 ans, il travaillait pour Raymond Steel à Ottawa. Il y a notamment appris à fabriquer des rampes et des escaliers. Un an plus tard, il était embauché à l’usine Bowater de Gatineau, anciennement la CIP, là où son père a travaillé toute sa vie. « J’ai remplacé tous les escaliers de l’usine », dit-il fièrement.

Tout en travaillant à la Bowater, M. Lauzon s’est construit un garage chez ses parents afin d’y aménager un atelier pour effectuer des travaux de soudure pour ses amis. À 23 ans, en 1986, il achète Atlas Marine, une petite entreprise qui répare des hélices de bateau pour laquelle il effectuait déjà des contrats à la pige. Elle devient Soudure Marc Marine.

Achat local Outaouais

C’était à l’époque des billots de bois sur la rivière. Atlas Marine réparait environ 300 hélices par été et avait des contrats avec Templeton Marine et Brabant et fils. La première année, j’ai fait un chiffre d’affaires d’environ 30 000 $. Deux ans plus tard, c’était environ 100 000 $. Au fur et à mesure, j’engageais du monde parce que je travaillais toujours à la Bowater. Je faisais facilement 100 heures de travail par semaine.

Son père, nouvellement retraité, lui a donné un coup de main dans la prospection de nouveaux clients. La production est rapidement passée à 100 hélices par semaine. En plus des contrats reliés à la marine, il commença la fabrication de rampes et d’escaliers.

En 1991, je suis mis à pied à la Bowater. Je me consacre alors à temps complet à mon entreprise. Mon garage était devenu trop petit et il y avait des bateaux partout sur la rue. Les gens ont commencé à se plaindre et j’ai décidé de louer le local actuel sur le boulevard Maloney que j’ai acheté en 1995. 

UNE CROISSANCE SOUTENUE

En 2006, l’édifice de Maloney est rénové au coût de 500 000 $. M. Lauzon loue ensuite un autre local sur Bécancour en 2006 avant d’acheter un édifice voisin. Dernièrement, une nouvelle usine plus grande et plus moderne a vu le jour dans l’aéroparc industriel de Gatineau, voisin de la Trappe à Fromage, un investissement de 5 millions de dollars. Un édifice de 23 000 pieds carrés qui remplacera l’usine de Bécancour qui est en vente.

J’ai déjà des plans pour une deuxième phase d’expansion lorsque ce sera nécessaire de le faire, avance Marc Lauzon. Nous avons de gros projets sur la table qui pourraient accélérer notre progression.

Soudure Marc Marine c’est aujourd’hui 75 employés et 23 véhicules sur la route. Parmi les projets d’envergure réalisés, il y a entre autres les rampes et escaliers du Centre sportif de Gatineau, des travaux au projet Zibi, dans les édifices de Brigil et ceux du Viu 1 et 2. Le plus important jamais réalisé l’a été l’an dernier au Musée des technologies à Ottawa avec un escalier de 80 pieds de hauteur, le plus haut jamais construit.

Au moment de l’entrevue, il y avait 90 projets en chantier de métaux ouvrés. La partie marine de l’entreprise représente seulement 1% des opérations aujourd’hui. Mais le nom de l’entreprise ne changera pas pour autant, car il explique son origine mentionne M. Lauzon.

LE CLIENT D’ABORD

Il y a les gros contrats, mais également le département de réparation du boulevard Maloney. On y effectue environ 28 travaux de réparation par jour pour des particuliers avec des chaises, des chaudrons, des ailes de camion, des remorques et autres. Les géants des chaînes d’alimentation rapide y font aussi réparer leurs équipements.

Il n’y a pas de petits contrats. Aujourd’hui, quelqu’un est venu me voir pour faire fabriquer une enseigne pour mettre en vente sa maison. C’est un contrat de 70 $, mais j’ai pris le temps nécessaire avec le client. J’agis de la même façon pour un petit contrat tout comme pour un gros contrat. Tous les clients sont égaux. C’est ce qui me caractérise. Ma compagnie est reconnue ainsi.

Respectons mesures sanitaires

Marc Lauzon admet que l’économie florissante régionale, en Outaouais et à Ottawa, aide au développement de son entreprise. Mais, ça ne suffit pas pour expliquer le succès de Soudure Marc Marine.

Notre chiffre d’affaires est sans cesse en croissance. Je ne refuse rien et nous avons progressé au rythme des contrats. Il faut toujours éviter de plafonner et savoir s’organiser. Quand j’ai acheté l’entreprise, mon père m’a donné un conseil que je continue à mettre en pratique. Pour réussir en affaires, il faut offrir un prix raisonnable, un produit de qualité et un excellent service. Et c’est ce qui me guide toujours.

Dans mon domaine, il y a de la compétition et je me suis démarqué avec la réalisation de projets d’envergure réalisés à court terme, dans des délais très courts, parce que notre organisation nous permet de le faire. J’ai la flexibilité pour avoir des quarts de nuit afin de réaliser des travaux spécifiques. La rareté de la main-d’œuvre ne m’affecte pas présentement et je reçois des CV pour les postes que j’aurai éventuellement à combler.

UNE AFFAIRE DE FAMILLE

Épaulé par son père à ses débuts, Marc Lauzon a aussi fait une place à tous les membres de sa famille dans l’entreprise. Ses fils Martin et Patrick font partie de l’équipe. Martin est ingénieur et s’occupe des projets et des dessinateurs tandis que l’aîné, Patrick, soudeur émérite comme son père, gère les équipes de travail. « Patrick réussissait moins bien à l’école et, à 14 ans, il m’a demandé de lui apprendre le métier de soudeur. Il a passé un été complet à pratiquer les différentes techniques et il est devenu mon meilleur soudeur. » Son épouse entre au bureau de Maloney à 5h15 le matin. Ses deux brus occupent aussi des postes au sein de l’entreprise.

Tout le monde met la main à la pâte, dit-il. Et, quand nous sortons pour des événements économiques, nous le faisons aussi en famille. C’est très important pour nous. Je suis fier de l’entreprise que j’ai construite. Je ne me suis jamais mis de plafond. Je pourrais arrêter de travailler, mais je suis encore très motivé dans mon travail, je suis encore très agressif, et j’aime ça.

UN ENTREPRENEUR MODÈLE

Pour André Goyette, commissaire en développement d’entreprise chez ID Gatineau, Marc Lauzon est un entrepreneur modèle. « Il est inspirant pour les jeunes. La soudure est un métier traditionnel, mais Marc en a fait quelque chose de grand », commente-t-il. L’implication d’ID Gatineau a été très générale dans le dossier d’expansion de Soudure Marc Marine.

On a informé l’entreprise des différents programmes d’aide gouvernementaux qui étaient disponibles et nous l’avons aidé à obtenir sa part.  ID Gatineau a été et continuera d’être disponible pour appuyer l’entreprise dans ses démarches et ses futurs projets. 

LE DÉFI DU CASH FLOW

Une entreprise en croissance doit être appuyée par une saine gestion à tous les niveaux. Lorsqu’il y a plus de contrats, on engage plus d’employés. Lorsque l’usine de production devient trop petite, il faut en construire une plus grande. Tout ça, Marc Lauzon a bien su les gérer. Mais le principal défi qui lui a causé le plus de maux de tête concerne le cash flow de l’entreprise, le flux de trésorerie.

Pour les recevables, on peut compter jusqu’à 90 jours avant d’être payé. Ça prend de l’argent comptant pour payer chaque semaine les employés et les factures. Aujourd’hui, ce n’est plus un problème pour nous, mais à un moment de notre forte croissance, ce fut plus difficile. 

Son sens des affaires est inné. « J’y suis allé d’essais-erreurs et je n’ai jamais reculé devant un défi, au contraire. Je me suis conformé à toutes les normes et je suis allé chercher les certifications nécessaires. J’ai appris sur le tas! Ce qu’il faut pour réussir en affaires, c’est le travail et la persévérance. Et pour moi, il y a aussi la loyauté et la famille. »